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Procès de Kaloum : un maître batteur guinéen face à des accusations de viol

 Le tribunal criminel de Kaloum a ouvert ce vendredi un procès qui suscite une vive émotion dans la capitale. À la barre, Djely Laye Kouyaté, jeune musicien guinéen reconnu comme maître batteur de djembé, accusé par son élève espagnole, Graituro Graell Beatriz, de l’avoir contrainte à des rapports sexuels en 2025 sur l’île de Roume, dans l’archipel de Kassa.
Venue à Conakry pour apprendre le djembé, Beatriz, 34 ans, affirme avoir été agressée dans sa chambre d’hôtel par son professeur. Elle décrit des violences ayant entraîné des blessures intimes, confirmées par un rapport médical versé au dossier.
De son côté, l’accusé nie catégoriquement les faits. « Je jure qu’il n’y a pas eu de relations sexuelles entre Beatriz et moi », a-t-il déclaré devant le président du tribunal, Mamadou Saliou Diallo. Selon lui, la plaignante chercherait à « gâter sa carrière ».
Le président Diallo a confronté Kouyaté aux déclarations de la victime : « Madame Beatriz a dit que c’est au moment où elle soignait votre plaie que vous vous êtes jeté sur elle ? »
L’accusé a rétorqué : « Non, ce n’est pas vrai. Ce jour-là, je suis sorti de chez moi avec quelque chose sur le corps qui n’accepte pas la collaboration avec une femme. »
Face à ces contradictions, la substitut du procureur, Djéné Cissé, a sollicité la comparution d’Aboubacar Sylla, musicien et ami de Kouyaté, présenté comme l’intermédiaire entre l’accusé et la victime.
À l’issue de l’audience, le président Diallo a renvoyé le procès au 13 février 2026, date à laquelle le témoin sera entendu et les débats poursuivis.
Ce procès, où s’entremêlent art, confiance et accusations de violences sexuelles, met en lumière la fragilité des relations entre maître et élève, et rappelle la nécessité de protéger les victimes présumées tout en garantissant les droits de la défense.
Amadou Mouctar Diallo 

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