Conakry, 21 janvier – À peine quelques jours après l’investiture du Président Mamadi Doumbouya, un débat brûlant s’installe au cœur du paysage médiatique guinéen. La retransmission télévisée de la cérémonie, suivie par des millions de citoyens, a révélé les fractures et les interrogations sur le rôle des médias dans la construction de l’unité nationale.
Face à cette effervescence, M. Ibrahima Koné, Directeur général du quotidien national Horoya, a pris la parole avec gravité. Dans un entretien accordé ce mercredi, il a rappelé que les médias de service public ne sont pas de simples relais d’information, mais les gardiens de la mémoire collective et les instruments de légitimité de l’État.« Que l’État continue à nous soutenir, et que le nouveau gouvernement implique davantage les hommes de médias de service public tels que Horoya, RTG 1 et 2, AGP… Un État a ses outils de communication, et il doit les respecter », a-t-il martelé.
Les médias publics face à la montée des influenceurs
Dans un contexte où les réseaux sociaux amplifient les voix des blogueurs et vloggeurs, M. Koné a tenu à rappeler une vérité qu’il juge fondamentale : aucun influenceur ne peut remplacer la crédibilité d’un quotidien national ou d’une agence de presse officielle. « Aux États-Unis, on consulte le New York Times. En Angleterre, c’est le Guardian. Les blogueurs ne sont pas des références. L’État a ses références, et elles sont celles qui informent avec professionnalisme », a-t-il insisté, dénonçant la confusion croissante entre communication institutionnelle et contenus numériques souvent dépourvus de rigueur.
Une alerte contre la prolifération des médias sectoriels
Le patron de Horoya a également mis en garde contre la multiplication des radios et télévisions propres à chaque institution, qu’il considère comme une menace pour la cohérence nationale :« Aujourd’hui en Guinée, l’Assemblée nationale a sa radio, la ville de Conakry a la sienne… Demain, chaque ministère voudra sa télévision. Mais qui doit-on écouter ? Les médias d’État existent justement pour couvrir ces besoins. »
Un appel à l’unité et à la responsabilité
À travers ses déclarations, Ibrahima Koné ne se contente pas de défendre son journal. Il interpelle le nouveau pouvoir sur une question cruciale : comment préserver l’autorité et la cohérence des médias publics dans une époque où l’information se disperse et se fragmente ?
Son plaidoyer résonne comme un avertissement : sans un socle médiatique solide, la parole de l’État risque de se diluer, et avec elle, la mémoire nationale.
Madiba Kaba
















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