Mohamed Camara est un artisan décorateur de maillots de football qui transforme de simples tissus en symboles d’identité et de fierté. Dans son atelier situé à ENTAG, où résonnent des machines de dernière génération, il exerce ce métier depuis près de six ans.
C’est avec un accueil mi souriant mi gêné que nous pénétrons dans son antre. À l’entrée, une odeur singulière nous saisit, un mélange subtil de colle vinylique chaude. Les mains fines et agiles, Mohamed est penché sur sa table de travail. Sous ses doigts, un maillot attend son destin. Pour lui, ce métier est avant tout une passion.
« J’avais choisi ce métier depuis 2015, à l’époque je faisais la douzième. Après l’école je venais ici, contrairement à mes amis qui partaient jouer au football. Moi j’ai aimé ce métier au détriment du ballon rond. C’est une passion pour moi. »
Son outil principal n’est pas le pinceau mais le traceur de découpe. Sur l’écran de son ordinateur, il fait danser les lettres et les logos. Pour donner vie à une pièce, il utilise une presse à chaud, onze secondes exactement, et la magie opère. Les lettres se soudent au textile. Entre deux manipulations, il nous explique les subtilités techniques qui différencient la décoration d’un maillot de celle d’un tee shirt.
« La décoration des maillots et celle des tee shirts est presque la même. Quand tu prends un maillot, ce sont les mêmes outils qu’on utilise pour les tee shirts. La seule petite différence est que les maillots sont numérotés. Les tee shirts eux portent des photos ou de petites créations. »
Le décorateur Mohamed Camara est un gardien discret de la mémoire sportive. Ses outils sont la chaleur et la pression, son art est celui de transformer l’étoffe en emblème.
Souleymane Barry

















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