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Michel Kaku, le supporter congolais devenu symbole de la CAN 2025

Figure silencieuse mais saisissante des tribunes de la Coupe d’Afrique des Nations, Michel Kaku, supporter de la République démocratique du Congo, s’est imposé comme l’un des visages les plus marquants de la compétition. Par son immobilité totale, son regard grave tourné vers le ciel et son geste symbolique inspiré de Patrice Émery Lumumba, il a captivé les caméras, les médias et les spectateurs bien au-delà des stades. Bien plus qu’un simple fan de football, Michel Kaku incarne une mémoire, une identité et une fierté nationale portées au cœur de l’événement sportif africain.

Dans les gradins de la CAN 2025, Michel Kuka Mboladinga, plus connu sous le surnom de Michel Kaku ou encore « Lumumba », n’a pas marqué de buts ni délivré de passes décisives, mais il est devenu l’un des personnages les plus emblématiques du tournoi. Depuis le début de la compétition au Maroc, ce supporter attire tous les regards grâce à un comportement singulier : il reste immobile pendant toute la durée des matchs des Léopards, le regard fixé vers le ciel, le bras droit levé, paume ouverte. Ce geste, répété à chaque rencontre, lui a valu le surnom de « Lumumba des tribunes », en hommage à Patrice Émery Lumumba, premier Premier ministre congolais et figure héroïque de l’indépendance de la RDC.

Son immobilité impressionne d’autant plus que, tout autour, les chants, danses et acclamations des supporters congolais créent une atmosphère électrique. Lui, demeure figé, tel une statue vivante au cœur du stade. Ce n’est pas un simple caprice : sa posture est profondément symbolique. En imitant la célèbre statue de Patrice Lumumba, il rend hommage à un homme assassiné en 1961, devenu symbole de la lutte contre le colonialisme et porte-voix de la dignité congolaise. Par ce geste silencieux mais puissant, Michel Kaku inscrit la mémoire historique de son pays au cœur d’un événement sportif continental.

Rapidement, son image a été reprise par les médias nationaux et internationaux, les réseaux sociaux et les chaînes de télévision couvrant la CAN, faisant de lui une célébrité bien au-delà de l’Afrique. Son immobilité a été filmée et commentée à maintes reprises, parfois davantage que les actions sur le terrain, jusqu’à devenir l’un des symboles visuels les plus marquants de la compétition.

Lors du match décisif contre l’Algérie en huitièmes de finale, il a bouleversé des millions de téléspectateurs lorsqu’il a finalement bougé : au moment où l’équipe congolaise concédait un but dans les dernières minutes, il a couvert son visage de ses mains, les larmes aux yeux. Une image devenue virale pour sa charge émotionnelle.

Sa notoriété a dépassé les clivages sportifs. Selon plusieurs médias, la Fédération algérienne de football a même envoyé une délégation officielle pour l’honorer à Rabat, témoignant du respect et de l’admiration suscités par son attitude et son message, y compris de la part de rivaux. Ce geste a été interprété comme un signe d’unité et de fraternité entre spectateurs africains.

Aujourd’hui âgé de 26 ans, Michel Kaku n’est plus seulement perçu comme un supporter : il est devenu une figure symbolique de la fierté congolaise et de la mémoire collective. Son geste, plus qu’une performance personnelle, a transformé les tribunes en espace de réflexion et de transmission historique. Un rappel que, parfois, le sens profond du sport dépasse le simple jeu.

En définitive, Michel Kaku a prouvé que le football ne se limite pas aux exploits sur le terrain. Par son silence, son immobilité et la force symbolique de son geste, il a transformé les gradins en un espace de mémoire et de dignité. Devenu une icône populaire de la CAN, il rappelle que le sport peut aussi être un vecteur d’histoire, d’unité et de fierté nationale. À travers lui, c’est toute la voix du peuple congolais qui s’est exprimée, marquant durablement les esprits bien au-delà du coup de sifflet final.

Ibrahima Sory Bangoura

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