Sidiki Koné, directeur du département Contracteurs Management chez Rio Tinto Simfer, revient sur les origines et les défis du projet minier qui s’apprête à entrer en phase d’exploitation. Présent depuis 1998, il incarne la mémoire vivante d’un chantier titanesque devenu réalité.
Le département Contracteurs Management, dirigé par M. Koné, joue un rôle stratégique : superviser l’ensemble des contractants intervenant sur le site afin de garantir leur conformité aux procédures rigoureuses de Rio Tinto Simfer. « Nous sommes pratiquement à la fin des actions préparatoires. L’exploitation est imminente », affirme-t-il avec assurance.
Le projet a démarré par la mise à jour des cibles d’exploration identifiées par les premières équipes. Parmi elles, la cible de « Pique de Fond » s’est révélé la plus prometteuse, grâce à un affleurement massif de minerai. Mais accéder à cette zone reculée n’a pas été une mince affaire.
« Le défi logistique était immense », se souvient Koné. Le camp de base a été établi à Saint-Germain, à 20 kilomètres à l’ouest de la montagne. Après de nombreuses analyses, une décision audacieuse a été prise : acheminer tout le matériel par hélicoptère.
Une logistique aérienne inédite
Machines de forage, équipements de camping, matériel logistique… tout a été transporté par voie aérienne jusqu’au sommet. Une opération complexe, rendue possible grâce à une coordination millimétrée et à l’implication des communautés locales.
« Les villageois ont marché six heures pour acheminer les équipements à pied jusqu’au site », raconte Koné. Leur aide a été cruciale pour la construction des premières plateformes de forage, dans un environnement dépourvu de routes et d’infrastructures.
Des efforts qui portent leurs fruits
Une fois les plateformes installées, les machines ont été assemblées sur place pour entamer les travaux de forage. Ce jalon marque le début d’une nouvelle ère pour le projet Simfer, qui s’apprête à transformer le paysage économique de la région.
« Au début, honnêtement, on ne savait pas à quoi s’attendre. Quand on est arrivé ici pour la première fois, je vous le dis, c’était de la forêt partout. En montant vers le Pic de Fond, que ce soit à l’ouest, à l’est, au nord ou au sud, il n’y avait que de la végétation dense. Quand je suis arrivé sur le site, il y avait à peine six ou sept personnes. Ces pionniers avaient déjà identifié le gisement de Simandou et réalisé les premiers travaux géophysiques avant notre arrivée. Je suis venu avec un autre géologue guinéen, qui n’est plus dans le projet aujourd’hui. À l’époque, je venais tout juste de terminer l’université. J’avais déposé mon CV un peu partout. Quand j’ai entendu parler de Rio Tinto, je pensais que c’était un projet espagnol, pour être honnête. C’est quelqu’un du ministère des Mines qui m’a expliqué que Rio Tinto était en réalité la plus grande société minière au monde. J’ai donc déposé mon CV auprès de la direction. Il n’était pas très étoffé à l’époque, mais après un entretien, ils ont estimé que je pouvais apporter quelque chose au projet. Et voilà, 28 ans plus tard, je suis toujours là », se souvient-il.
A propos des exigences de Rio Tinto envers les entreprises partenaires,
Il estime que c’est un peu complexe, car Rio Tinto est une société très bien structurée. Les questions de santé, de sécurité, d’environnement et de relations communautaires sont au cœur de leurs préoccupations.
« Une entreprise qui ne respecte pas ces critères ne peut tout simplement pas intervenir sur le site. Généralement, on ne l’engage pas. Pour qu’une société puisse travailler ici, elle doit répondre à toutes les exigences en matière de santé, sécurité, environnement et communauté. On leur présente un document spécifique qu’on appelle « notre approche de l’entreprise ». Toute société souhaitant collaborer avec nous doit le lire et s’y conformer. Si elle ne respecte pas cette approche, elle ne peut pas être acceptée sur le projet », a-t-il souligné.
En ce qui concerne la richesse minérale exceptionnelle et la collaboration communautaire, il soutient que les composants présents dans la minéralisation de Simandou sont remarquablement faibles en impuretés. « C’est ce qui nous pousse à qualifier le minerai de Simandou de ‘’minerai bio’’. Ces faibles concentrations d’éléments indésirables rendent ce gisement particulièrement pur et recherché. Mais au-delà de la qualité du minerai, je tiens à souligner l’importance de notre collaboration avec les communautés locales et les travailleurs guinéens impliqués dans le projet », a-t-il noté.
Du point de vue communautaire, il soutient que Rio Tinto dispose d’un département dédié, bien structuré, qui gère les relations avec les populations locales.
« Il en va de même pour les départements santé-sécurité et environnement, qui sont essentiels à la conduite responsable du projet. Nous avons une équipe de spécialistes et de techniciens qui veillent à entretenir une relation saine et durable avec les communautés. Je suis convaincu que si vous vous rendez dans les villages environnants, vous entendrez des témoignages positifs. Nous sommes à leur écoute, et notre équipe communautaire est extrêmement dynamique », a-t-il ajouté.
Des relations sociales apaisées
Concernant les travailleurs, il a précisé que Rio Tinto est l’une des sociétés les plus stables en matière de revendications sociales, ajoutant que Les relations entre les employés et l’entreprise sont très bonnes, basées sur le respect et la transparence.

Amadou Mouctar Diallo

















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