La capitale guinéenne a vibré ce mercredi au rythme de la cérémonie d’ouverture de la septième édition du Transform Africa Summit (TAS25), considéré comme le principal forum africain dédié aux technologies et à l’innovation. Placé sous le thème « IA pour l’Afrique, Innover localement, impacter globalement », l’événement a réuni chefs d’État, ministres, diplomates, chercheurs et entrepreneurs autour des enjeux cruciaux de la transformation numérique du continent.

Dans son discours inaugural, Rose Pola Pricemou, ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, a salué la résilience du continent et rappelé que la première édition du sommet s’était tenue en pleine pandémie mondiale. Elle a esquissé une vision ambitieuse pour 2040 : « Une Guinée pleinement numérique où chaque école, chaque hôpital, chaque entreprise et chaque administration sera connectée. Une Guinée où l’innovation sera une culture, où nos enfants coderont en langues africaines. »
La ministre a insisté sur trois axes prioritaires : souveraineté numérique, innovation locale et coopération internationale, invitant les participants à bâtir des infrastructures solides et à valoriser la créativité de la jeunesse africaine.
L’IA comme moteur de développement

Le directeur général de l’Alliance Smart Africa, Lancina Koné, organisateur de l’événement, a souligné que l’intelligence artificielle représente bien plus qu’une technologie : « L’IA est une opportunité de repenser le développement à partir de nos réalités, de nos talents et de notre ingéniosité. »
Il a rappelé l’appel lancé en 2023 par le président rwandais Paul Kagamé à embrasser l’IA avec audace, affirmant qu’en 2025, l’Afrique est passée « de la conversation à la coordination, et de l’ambition à l’action ».

Invité d’honneur, Paul Kagamé est revenu sur le parcours du continent dans le domaine du numérique. Il a soutenu que le Transform Africa Summit, lancé il y a dix ans à Kigali, avait conduit à la création de l’Alliance Smart Africa, aujourd’hui forte de 42 pays membres.
Le président rwandais a estimé que l’IA pourrait contribuer à hauteur de 5 % du PIB africain, en stimulant l’innovation et en renforçant des secteurs clés tels que la santé, l’éducation et l’agriculture. Il a également mis en avant les efforts de son pays pour encadrer le développement de l’IA à travers une politique nationale.
Procédant à l’ouverture officielle du sommet, le président guinéen Mamadi Doumbouya a souhaité la bienvenue aux participants, en particulier à son « frère Paul Kagamé ». Il a affirmé que le thème du TAS25 correspond parfaitement à sa vision de développement socioéconomique durable et responsable pour les quinze prochaines années, notamment à travers le projet Simandou 2040.
Il a invité les participants à mettre à profit ces deux jours d’échanges pour trouver des solutions adaptées aux besoins des populations et aux défis des générations futures face à l’innovation rapide de l’IA.
Le Transform Africa Summit s’impose comme le principal rassemblement annuel du continent dédié au numérique. Il réunit des leaders mondiaux et régionaux, des innovateurs et des investisseurs pour façonner l’avenir technologique de l’Afrique.
Avec cette édition 2025 organisée à Conakry, la Guinée confirme son rôle d’acteur engagé dans la transformation numérique et souligne la volonté des dirigeants africains de faire de l’intelligence artificielle un levier de croissance inclusive et durable.

Amadou Mouctar Diallo

















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