Le Président de la République, Mamadi Doumbouya, accompagné de ses homologues du Gabon Brice Clotaire Oligui Nguema et du Rwanda, Paul kagamé a procédé ce mardi 11 novembre 2025 au lancement officiel des travaux de chargement pour l’exportation du minerai de fer de Simandou. La cérémonie a réuni de nombreuses personnalités nationales et étrangères comme le vice-premier ministre chinois et du premier ministre de la Côte d’Ivoire.

C’est à 11 heures 11 minutes précises que le tout premier train du projet Simandou 2040 a quitté le port de Moribayah. Ce train est conduit par un homme et une femme, tous deux spécialistes en ingénierie ferroviaire.
Lors d’une interview avec les médias, Mamoudou Nagnalen Barry, président du Conseil d’administration de la CTG, a été interrogé sur les retombées économiques de ce projet pour la Guinée.En réponse, il a déclaré : « Vous avez un pays qui, avec un PIB d’environ 20 milliards, a pu attirer un projet de 20 milliards, soit l’équivalent de son PIB. À partir de maintenant, nous atteignons un PIB de plus de 30 milliards.Et déjà, en termes de revenus, je peux vous garantir qu’il s’agit d’un milliard de dollars par an. Très peu de projets sur le continent africain génèrent autant de revenus pour l’État. En termes de revenus globaux, le projet représente plusieurs milliards de dollars par an.Le projet nous propulse vers un nouveau paradigme, où nos ambitions changent d’échelle. »
Il a poursuivi : « Autrefois, les projets de 100 ou 200 millions de dollars étaient impressionnants pour nous. Aujourd’hui, nous avons franchi un cap. Si des géants mondiaux et de grandes banques ont accepté d’investir leur argent dans notre pays, c’est parce qu’ils croient en notre capacité à absorber les investissements, à respecter nos engagements et à mobiliser nos fils et filles pour faire avancer la Guinée. Le plus important pour nous, c’est de tenir nos promesses, et d’exiger que nos partenaires fassent de même, afin que l’impact se fasse ressentir sur les populations. »
Les perspectives pour les cinq prochaines années
« L’année prochaine, nous allons monter en puissance progressivement. Le projet Simandou est impressionnant : nous visons au moins 40 millions de tonnes dès l’an prochain. Cela peut sembler peu, mais c’est 20 fois les exportations combinées de cacao et d’anacarde de la Côte d’Ivoire.D’ici deux à trois ans, nous atteindrons 120 millions de tonnes. Pour comprendre cette ampleur, il faut avoir vu des mines ailleurs : ici, nous parlons de centaines de millions de tonnes, alors que nous étions habitués à 5 à 15 millions.Sur cinq ans, nous allons renforcer la “guinéisation” de nos activités conformément à nos engagements. » , a-t-il souligné e
La CTG (Compagnie du Transguinéen), qui détient 75 % des capitaux investis dans le projet, doit devenir une entreprise véritablement guinéenne : « Elle doit réduire la sous-traitance, s’appuyer sur les compétences locales et avancer avec les fils et filles du pays.Sur les 15 prochaines années, 122 mégaprojets ont été identifiés et seront financés en grande partie par les revenus de Simandou, notamment dans l’éducation, la création du Simandou Academy et d’un fonds souverain destiné aux générations futures. »
Un partenariat international historique
Pour Simon Trott, PDG de Rio Tinto, le géant minier anglo-australien s’engage sur le long terme en Guinée : « Un merci tout particulier au peuple de Guinée, aux milliers d’employés locaux dont le dévouement et la résilience ont rendu ce moment possible. Ceci est votre succès. »
Le projet Simandou, fruit d’une collaboration entre la Guinée, Rio Tinto, Chinalco, Baowu et WCS, est présenté comme un nouveau modèle de coopération internationale.« C’est la première fois qu’un consortium de cette ampleur se réunit pour un projet de cette taille et à ce rythme. Ce fut complexe, mais relever ces défis ensemble a renforcé nos liens. »
Une œuvre collective pour l’avenir

Selon le Dr Diakité, président du Comité stratégique de Simandou : « La Guinée a su rassembler des partenaires venus des cinq continents pour construire une infrastructure intégrée d’exploitation d’un minerai de classe mondiale, d’une teneur supérieure à 65 %, au sein de la Compagnie Transguinéenne. »
Le ministre directeur de cabinet à la présidence, Djiba Diakité, a qualifié cette journée d’historique pour le peuple souverain de Guinée : « Ce moment consacre la vision d’un homme d’État qui a fait du co-développement un impératif stratégique. En trois ans à peine, sous le leadership du président Mamadi Doumbouya, nous avons concrétisé un projet attendu depuis des décennies. »
Il a rappelé que l’accord fondateur, signé le 25 mars 2022, marque un tournant dans l’histoire minière du pays : « La Guinée a été la première délégation africaine à se rendre en Chine après la pandémie de Covid-19 pour relancer le projet. »
La ligne ferroviaire du Transguinéen, longue de 650 kilomètres à double voie, symbolise ce nouveau départ.
« Toute l’infrastructure rails, ports et aciéries appartient à la Compagnie du Transguinéen. Elle servira aussi bien au transport minier qu’aux passagers et aux marchandises. »
Simandou, levier de développement durable
« Chaque tonne de minerai extrait est une brique dans la construction de notre avenir. Chaque kilomètre de rail posé est un pas vers notre destinée. Chaque emploi créé est une lumière d’espoir pour une famille guinéenne. Notre objectif est clair : rendre les Guinéens riches par le travail », a conclu le ministre.
Le programme Simandou 2040 va au-delà de l’exploitation minière : il s’étend sur 15 ans et repose sur cinq piliers stratégiques agriculture, industrie et commerce, éducation et culture, infrastructures et transports, économie et technologies.
« Nous voulons prouver que la malédiction des ressources naturelles n’est pas une fatalité. Simandou doit être pour nous ce que le pétrole a été pour les pays du Golfe : un moteur de développement durable. »


Balla Yombouno

















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