Le diabète est une malade chronique caractérisée par une hyperglycémie (excès de sucre dans le sang) qui continue de faire des ravages en Guinée comme ailleurs. Ses complications sont multiples : maladies cardiovasculaires, insuffisance rénale, troubles de la vision, atteintes nerveuses et plaies difficiles à cicatriser. Pour mieux comprendre les enjeux liés à cette pathologie, notre reporter a rencontré Dr Amadou Bah, chef de service de Diabétologie, Endocrinologie et Maladies Métaboliques à l’Hôpital National Donka.
Horoya.net : Comment définir le diabète ?
Dr Amadou Bah : Le diabète est une maladie métabolique liée à une hyperglycémie chronique, causée par des facteurs génétiques et environnementaux souvent conjoints. Selon l’OMS, c’est une élévation du taux de sucre dans le sang. Les signes d’alerte sont une soif intense, des urines fréquentes, un amaigrissement et parfois des troubles visuels. Si vous ressentez ces symptômes, il est impératif de consulter un professionnel de santé pour une prise de sang.
Quels sont les types de diabète ?
Le diabète peut toucher tout le monde. Il existe quatre types principaux :
– Type 1 : touche les enfants et jeunes adultes (1 à 25 ans), traité par injections d’insuline.
– Type 2 : le plus fréquent (90 % des cas), concerne les adultes et est traité par comprimés.
– Diabète gestationnel : survient pendant la grossesse.
– Autres types : liés à des maladies endocriniennes.
Le nombre de cas augmente chaque année, ce qui en fait un véritable problème de santé publique.
Quelle est la situation en Guinée ?
Malheureusement, nous ne disposons pas d’étude nationale récente. La seule enquête, réalisée en 2009 en Basse Guinée (étude STEP), indiquait une prévalence de 5,6 %. À l’échelle mondiale, selon la Fédération Internationale du Diabète, on comptait 285 millions de diabétiques en 2010 (6,6 %). Ce chiffre pourrait atteindre 439 millions d’ici 2030 (7,8 %). Dans les pays à faibles revenus, 80 à 90 % des cas ne sont pas diagnostiqués.
Quelle est la prise en charge actuelle ?
Les autorités ont mis en place plusieurs initiatives :
– Création du Programme national des maladies non transmissibles.
– Décentralisation des soins avec des unités de diabétologie dans les grandes régions : Labé, Kankan, Kindia, Boké, N’zérékoré, Mamou et Faranah.
– Prise en charge gratuite des enfants diabétiques.
– Ouverture d’un nouveau service à l’hôpital régional de Enta Nord depuis février 2021.
Et les médicaments ?
Le nombre de diabétiques augmente, mais l’accès aux soins reste difficile à cause du faible revenu moyen. Les médicaments ne sont pas subventionnés, alors que le traitement nécessite un régime alimentaire strict et la prise quotidienne de plusieurs médicaments. Les défis sont nombreux, mais nous saluons l’action de la CNPS qui soutient les patients dans leur prise en charge.
Un dernier mot pour la population ?
Le diabète n’est pas une fatalité. C’est une maladie liée à l’hygiène de vie. Pour l’éviter, il faut :- Surveiller son alimentation.
– Pratiquer une activité physique régulière (30 minutes, 3 fois par semaine), éviter le tabac, réduire la consommation de sucre, de sel et de graisses.
Et surtout, ne pas attendre d’être malade pour consulter. La santé a un coût, mais mieux vaut prévenir que guérir.
Entretien realisé par Ibrahima Sory bangoura

















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