C’est une réalité connue par la plupart des Guinéens. La République Populaire de Chine fut l’un des premiers pays à reconnaître et à établir des relations diplomatiques avec Conakry. Ce choix courageux, à une époque où la Guinée venait de dire « NON » à la communauté franco-africaine, a posé les bases d’un partenariat marqué par la confiance politique mutuelle et la solidarité.
Au fil des ans, la coopération sino-guinéenne s’est progressivement renforcée, couvrant des domaines variés allant de la politique à l’économie, en passant par la santé, l’éducation et surtout les infrastructures.
Dès les premières années, Pékin s’est engagé dans la construction d’ouvrages publics emblématiques. L’un des exemples marquants reste le Palais du peuple qui demeure un lieu symbolique de la souveraineté nationale.
La Chine a également contribué à l’édification de bâtiments administratifs, d’hôpitaux et d’écoles, témoignant de son rôle dans la modernisation progressive du pays. Ces investissements ont constitué des jalons visibles d’une coopération axée sur le développement social.
Dans le domaine énergétique, la Guinée a pu compter sur l’appui chinois pour valoriser son immense potentiel hydraulique. La réalisation du barrage hydroélectrique de Kaléta, mis en service en 2015, a marqué un tournant en matière d’accès à l’électricité. Ce projet, financé et réalisé par des entreprises chinoises, a considérablement augmenté la capacité énergétique nationale. Il a été suivi par le barrage de Souapiti, inauguré en 2020, devenu le plus grand ouvrage hydroélectrique du pays. Ces infrastructures ont permis de réduire le déficit énergétique et d’alimenter l’industrialisation naissante.
La coopération s’est également étendue aux infrastructures publiques modernes. Des routes, des hôpitaux, des logements sociaux, ainsi que le stade Général Lansana Conté, sont autant de réalisations issues du partenariat avec la Chine. Ces ouvrages traduisent l’importance accordée par Pékin à l’image de la Guinée comme partenaire stratégique en Afrique de l’Ouest, tout en améliorant le quotidien des populations guinéennes.
Au-delà des infrastructures, la Chine est devenue l’un des principaux partenaires économiques et commerciaux de la Guinée. Les échanges portent principalement sur la bauxite, dont la Guinée détient d’importantes réserves, et dont la Chine est le premier acheteur. Cette relation économique constitue une ressource stratégique pour l’économie nationale et un levier pour le financement de nouvelles infrastructures.
D’ailleurs, dans son discours à l’occasion du 76e anniversaire de la Fondation de la république Populaire de Chine, le nouvel Ambassadeur chinois en Guinée, SUN Yong, a déclaré : « En tant que partenaires traditionnels et membres du Sud global, la Chine et la Guinée entretiennent une coopération étroite et amicale sur la scène multilatérale, telle que l’ONU. Ensemble, elles défendent le système international centré sur l’ONU et l’ordre international fondé sur le droit international, adhèrent au multilatéralisme véritable et jouent un rôle constructif dans la réforme et la construction du système de gouvernance mondiale. Elles travaillent main dans la main pour faire évoluer la gouvernance mondiale dans un sens plus juste et plus équitable. »
Il a ensuite ajouté : « La Chine est prête à travailler avec toutes les parties, y compris la Guinée, pour mettre en œuvre conjointement l’Initiative pour la gouvernance mondiale, promouvoir l’ouverture et la coopération, défendre l’équité et la justice, faire rayonner les valeurs communes du multilatéralisme, défendre avec détermination les droits au développement des pays du Sud global et construire ensemble un système de gouvernance mondiale plus juste et plus équitable en vue d’un avenir meilleur pour l’humanité. »
Par ailleurs, il faut préciser que, selon SEM SUN Yong, « au cours des six premiers mois de cette année, le commerce bilatéral entre la Chine et la Guinée a dépassé 10 milliards de dollars US, soit une augmentation de 81,7 % par rapport à l’année précédente (2024, ndlr). Notre coopération s’est avérée fructueuse dans les domaines des infrastructures, des mines, des télécommunications. Notre coopération de haute qualité continue d’insuffler une nouvelle vitalité et de donner un nouvel élan aux efforts de modernisation de nos deux pays. »
Au regard de ces résultats, la coopération sino-guinéenne se présente comme un axe incontournable de la politique étrangère de la Guinée. De 1958 à nos jours, elle a évolué d’une solidarité politique à un partenariat économique et stratégique, plaçant l’énergie et les infrastructures publiques au cœur de ses priorités. À l’heure où Conakry aspire à un développement durable et inclusif, la Chine reste un partenaire privilégié.
Amadou Kendessa Diallo
















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