Le 22 août dernier, la 14ᵉ session du Conseil d’Administration de l’AGEROUTE Guinée SA s’est déroulée avec une solennité rare. Au centre des discussions : l’adoption d’un nouveau cadre organisationnel ambitieux et le bilan des 100 premiers jours du nouveau Directeur Général, Moïse Sidibé, nommé en avril dernier.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la transition managériale n’a pas été de tout repos. En à peine trois mois, les fondations d’une véritable mue stratégique ont été posées, avec pour ambition de redonner à l’AGEROUTE un rôle moteur dans la transformation du pays.

Un nouveau squelette pour une AGEROUTE plus performante
Adopté à l’unanimité par le Conseil d’Administration, le cadre organique cible proposé par la Direction générale restructure en profondeur les missions, les fonctions et les profils clés de l’institution. Objectif : rompre avec les lenteurs administratives du passé, bâtir une organisation agile et recruter des profils hautement qualifiés ingénieurs, financiers, experts qualité ou spécialistes des contrats publics afin de répondre aux défis d’un réseau routier national vieillissant et sous pression.
Ce virage organisationnel s’inscrit dans une vision claire : faire de l’AGEROUTE un outil stratégique de l’État, capable d’absorber les flux croissants d’investissement, de répondre aux exigences des bailleurs internationaux et, surtout, d’assurer l’entretien préventif et correctif d’un patrimoine routier vital pour l’économie nationale.
Des chantiers lancés, une gouvernance assumée
Côté bilan, les 100 premiers jours de Moïse Sidibé n’ont pas été un simple exercice de communication, mais une démonstration concrète. Sous son impulsion, l’AGEROUTE a enclenché plusieurs chantiers stratégiques :
– Réhabilitation de routes prioritaires : 15 projets structurants, financés sur ressources nationales et extérieures (RN2, RN5, RN30, ainsi que plusieurs axes urbains et nationaux majeurs), sont en cours, avec un accent mis sur la qualité, les délais et l’entretien préventif.
– Réactivité face aux intempéries : plus de 40 points critiques ont déjà fait l’objet d’interventions urgentes.
– Lancement des premiers contrats GENIS (Gestion d’Entretien par Niveau de Service) sur les principaux axes de Conakry, avec un suivi orienté vers les résultats.
– Audit organisationnel et gouvernance renforcée, en amont du Plan stratégique 2026–2031.
– Présence internationale affirmée, notamment à travers le sommet de la BAD à Abidjan et le Forum des infrastructures de Macao.
Cette approche opérationnelle, couplée à une diplomatie technique, traduit la volonté de positionner l’AGEROUTE aux standards internationaux.
L’innovation comme fil conducteur
La véritable rupture introduite par la nouvelle direction réside dans la place centrale accordée à l’innovation technologique. En ligne de mire : une gestion plus transparente, plus réactive et plus connectée du réseau routier.
– AGEROUTE Clic : une plateforme numérique inédite pour le suivi de l’exécution des projets routiers, permettant également aux citoyens de signaler les dégradations en temps réel, tout en offrant aux partenaires une lecture claire et géolocalisée des projets.
– L2R : un logiciel métier pour le relevé des dégradations et la programmation automatique des travaux d’entretien.
– Géoportail cartographique du réseau national.
– Service Recherche & Innovation, en cours de création, pour développer des solutions adaptées aux réalités guinéennes.
Cette infrastructure de gouvernance digitale marque une avancée significative dans un pays où l’entretien routier a longtemps souffert d’un manque de suivi structuré.
Une vision à long terme alignée sur Simandou 2040
Au-delà des urgences, la stratégie portée par la nouvelle Direction s’inscrit dans une perspective plus large : celle d’une transformation structurelle et souveraine de la Guinée. Le programme SIMANDOU 2040, dont l’envergure dépasse le secteur minier, inspire cette montée en puissance institutionnelle de l’AGEROUTE.
Des outils sont déjà en cours de déploiement :
– Un manuel d’entretien du patrimoine routier national ;
– Une planification pluriannuelle des travaux d’entretien, fondée sur une cartographie exhaustive ;
– Des indicateurs de performance pour tous les projets ;
– Des partenariats structurants avec les bailleurs (BAD, BID, UE, etc.) ;
– Des profils spécialisés intégrés dans les effectifs internes ;
– Un recours accru à des cabinets-conseils pour professionnaliser les fonctions transverses (comptabilité, finances, passation des marchés, veille juridique et normative, qualité, fiscalité, communication, etc.).
Le signal d’un changement de paradigme
En validant son nouveau cadre organisationnel et en dressant un premier bilan solide, l’AGEROUTE envoie un message sans ambiguïté : l’ère de la gestion approximative et du pilotage à vue est révolue.
L’engagement est pris : les prochains mois seront décisifs pour traduire ces réformes et innovations en résultats durables et visibles pour les populations, conformément aux orientations de Monsieur le Président de la République, Chef de l’État, le Général Mamadi Doumbouya.
Car l’AGEROUTE ne construit pas seulement des routes : elle connecte des vies. Chaque kilomètre bitumé est un pont vers l’éducation, la santé et l’espoir.
















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