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Guinée : Une feuille de route validée pour éradiquer la drogue d’ici 2030

L’Institut Itinérant de Formation et de Prévention Intégrées contre la Drogue et autres Conduites Addictives (IIFPIDCA) multiplie ses actions contre la consommation de drogues en Guinée.
C’est dans ce cadre que, suite à une réunion de concertation avec les présidents des délégations spéciales de Conakry, des représentants d’ONG et divers acteurs engagés dans la lutte contre ce fléau, la direction générale de l’Institut, en présence de cadres nationaux et internationaux, s’est réunie ce mardi 8 juillet 2025. L’objectif : amender et valider le plan stratégique de lutte 2026–2030. Cette rencontre bénéficie de l’appui technique de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) ainsi que du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), via les fonds UBRAF.
Lors de l’ouverture officielle de cet atelier, le directeur général de l’IIFPIDCA, Dr Thierno Bah, a exprimé son inquiétude face à l’augmentation des décès liés à la consommation de drogues dans la capitale. Il a rappelé que son service, avec le soutien technique de l’ONUDC, a mené en 2023 une enquête nationale auprès de 4 235 élèves d’écoles secondaires publiques et privées sur la consommation des substances psychoactives :
– Au cours de la vie : alcool (28,56 %), tabac (12,98 %), cannabis (3,8 %)
– Au cours des 12 derniers mois : alcool (8,5 %), tabac (6,52 %), cannabis (2,83 %)
– Au cours des 30 derniers jours : alcool (4,78 %), tabac (4,65 %), cannabis (1,85 %)
Il a souligné que la consommation de substances synthétiques, telles que le tramadol, dépasse désormais celle du cannabis, avec un taux de prévalence de 3,05 % au cours des 12 derniers mois.
Les contributions des participants à cette journée serviront à bonifier le document stratégique en vue d’identifier des actions prioritaires et durables dans la lutte préventive contre la drogue et autres conduites addictives.
Dans son allocution, Dr Thierno Bah a également exprimé sa gratitude envers le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, et a sollicité que la lutte contre la drogue soit érigée en priorité nationale de santé publique, notamment en faveur de la jeunesse. Il a demandé son inscription au cœur du développement du capital humain, à l’image de l’ambition portée par le programme Simandou 2040.
Prenant la parole à son tour, le Dr Anselme Siméon Sanou, coordonnateur régional des programmes santé et drogue au sein de l’ONUDC, a salué l’initiative guinéenne et confirmé le soutien du système des Nations Unies à ce processus. Il a rappelé que, selon le rapport mondial 2025 de l’ONUDC, publié le 26 juin :
– 316 millions de personnes consomment des drogues dans le monde (hausse de 28 % en dix ans)
– 64 millions présentent des troubles liés à leur usage (hausse de 13 %)
Il a alerté sur la forte proportion de jeunes et de femmes parmi les consommateurs, et sur l’essor préoccupant de l’usage non médical de médicaments comme le tramadol. D’où l’importance, selon lui, d’un plan comme celui de l’IIFPIDCA, axé sur la formation, la recherche, la prévention et la prise en charge.
Il a également rappelé qu’une cartographie récente, réalisée en Guinée avec l’ONUDC, a révélé l’absence de structures publiques spécialisées dans la prise en charge des troubles liés à la drogue. Ce plan stratégique doit donc servir de boussole pour doter le pays d’un dispositif adéquat.
De son côté, M. Alpha Ousmane Barry, directeur général adjoint de l’Enseignement supérieur, a dressé un constat alarmant de la situation : « Il ne se passe plus un jour sans qu’un décès lié à la drogue ne soit signalé, notamment dans la région du Grand Conakry ». Il appelle à des assises régionales et à une mobilisation des autorités locales, élus, gouverneurs, préfets, ainsi que des ONG.
Selon lui, la lutte contre la drogue est de longue haleine et dépasse la seule répression. Elle nécessite un travail de fond sur des facteurs comme la démission parentale, les lacunes éducatives, la pauvreté, l’exclusion sociale et les difficultés scolaires. Il conclut : « Le gouvernement attend de vous des actions fortes pour inverser cette tendance inquiétante. Ce plan doit établir des stratégies claires pour construire une Guinée paisible et débarrassée de la toxicomanie. »
Enfin, il a annoncé, au nom du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, la validation officielle du plan stratégique 2026–2030. Il a rappelé que les travaux d’élaboration ont eu lieu le 8 octobre 2024 à Kindia, avec la participation des plus hautes autorités régionales et des représentants du ministère.
Kalifatou Doumbouya 

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