Après la pluie du vendredi 23 mai, plusieurs concessions de Coléah Domino, plus précisément dans le secteur Khourégbé, commune de Matam, ont été envahies par les ordures charriées par les eaux de ruissellement. Ces déchets, constitués de plastiques de toutes sortes et d’autres immondices, ont bouché la plupart des caniveaux, faisant craindre le pire lors des prochaines pluies. Notre reporter est allé à la rencontre des habitants de Khourégbé.
Autrefois qualifiée de perle de l’Afrique de l’Ouest, la ville de Conakry peine à mettre en place une politique durable d’assainissement et de gestion des déchets. Chaque jour, des tonnes d’ordures sont produites par les ménages. À Khourégbé, les rues sont envahies de détritus, qui se retrouvent même dans les concessions. Hommes, femmes et jeunes s’activent pour les dég préoccupés
Cheick Mohamed Diakité, administrateur public et résident de Khourégbé, estime que chacun a sa part de responsabilité :
« Les gens jettent leurs déchets n’importe où, ce qui a de nombreuses conséquences néfastes. Regardez l’état de notre secteur après la pluie qui s’est abattue sur Conakry vendredi : c’est pitoyable. Aujourd’hui, tout le monde tente de débarrasser sa cour des ordures qui ont été entraînées là. J’invite chacun à s’abonner aux PME chargées de la collecte des déchets. La gestion des ordures dans la capitale guinéenne demeure un problème non résolu par les autorités. Les odeurs nauséabondes, les moustiques et les rats qui prolifèrent sont sources de maladies, et nous sommes tous responsables de cet incivisme. »
Ibrahima Sory , également habitant du secteur Khourégbé, s’interroge : malgré les sensibilisations et les campagnes d’assainissement, pourquoi tant de personnes continuent-elles de jeter leurs ordures dans les rues, les caniveaux et au bord de la mer ?
Une autre résidente estime qu’il faudrait créer un fonds de soutien aux programmes de salubrité urbaine, permettant de financer les sociétés de ramassage des ordures. Elle rappelle que la production de déchets est alimentée par la croissance démographique, l’urbanisation rapide, l’augmentation de la classe moyenne, l’évolution des habitudes de consommation et des modes de production, ainsi que le commerce.
La gestion des ordures ménagères est un problème universel qui concerne chaque habitant. À Concasseur, la décharge croule sous les ordures, et des maisons de fortune ont été construites tout autour. Les habitants de ces logements précaires sont particulièrement exposés aux maladies.

Pivi Aboubacar Sidiki, chef de quartier adjoint de Coléah Domino, exprime son inquiétude face à la situation qui prévaut dans différents quartiers, notamment à Khourégbé : « Cette situation détériore notre qualité de vie. Nous vivons une véritable catastrophe. J’invite les populations à préserver l’hygiène et surtout à éviter de jeter les ordures dans les caniveaux : ils ne sont pas des dépotoirs mais servent au passage des eaux de ruissellement. Les premières pluies tombées sur Conakry ont déjà causé des dégâts. »

Il est à noter que la quantité totale d’ordures ramassées chaque mois par les entreprises dédiées à cette tâche est estimée à environ 10 000 à 15 000 tonnes.
Ibrahima Sory Bangoura

















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