Lancé le 15 avril 2025, le Recensement Administratif à Vocation d’État Civil (RAVEC) devait être gratuit pour tous les citoyens, selon les autorités. Pourtant, sur le terrain, des témoignages révèlent une réalité bien différente : dans plusieurs quartiers, des frais sont exigés aux personnes sans extrait de naissance, suscitant colère et incompréhension.
Depuis cette date, les équipes de recensement sillonnent les villes et villages de Guinée dans le cadre du RAVEC. Ce projet vise à doter chaque citoyen d’une identité légale et fiable, conforme aux standards internationaux en matière d’état civil.
À la télévision, à la radio et sur les réseaux sociaux, le gouvernement a été clair : l’opération est gratuite et aucun paiement ne doit être exigé, même pour ceux qui ne possèdent pas d’extrait de naissance. Pourtant, la réalité sur le terrain semble bien différente.
À Conakry, dans la commune de Sonfonia par exemple , plusieurs citoyens affirment avoir dû débourser entre 20 000 et 50 000 GNF pour pouvoir se faire enregistrer.
« Le recenseur m’a dit que, sans extrait de naissance, je devais payer pour obtenir un papier provisoire avant d’être recensée », raconte Fatoumata, une vendeuse de légumes. Elle affirme n’avoir reçu aucun reçu de paiement. « Il a dit que c’était comme ça. Sinon, il passerait à une autre personne », ajoute-t-elle.
Bien que la communication officielle insiste sur la gratuité du recensement, cela n’a pas suffi à éradiquer ces pratiques. L’absence d’un mécanisme de plainte ou de contrôle crédible expose les populations aux abus.
« Comment signaler ces pratiques ? À qui se plaindre ? Et est-ce que cela changerait quelque chose ? », s’interroge Aboubacar Diallo, boutiquier du quartier.
Ce décalage entre discours et réalité met en lumière les dysfonctionnements dans la mise en œuvre du projet et renforce la méfiance d’une partie de la population vis-à-vis des initiatives étatiques.
Le recensement administratif en Guinée représente un enjeu crucial pour l’avenir du pays, notamment pour le droit à l’identité et l’accès aux services publics. Mais pour qu’il soit réellement efficace, la transparence doit être totale et les pratiques illégales doivent être sanctionnées. Tant que des frais non justifiés seront exigés en coulisses, l’objectif d’un état civil universel, fiable et équitable restera difficile à atteindre.
Diaby Kourouma
















Leave a Reply